Ponton de Grande Anse d'Arlet, 97217 Les Anses-d'Arlet

Le poisson perroquet : jardinier des récifs coralliens

Ce magnifique poisson de récif tropical et subtropical est bien connu aux Antilles du fait de sa prévalence et également bien sûr des belles couleurs chatoyantes de sa robe. Ces animaux marins jouent un rôle essentiel dans la préservation de nos récifs coralliens et la production de sable…

Un poisson dont le look et les couleurs nous enchantent !

Son appellation est due à son bec puissant, qui rappelle celui d’un volatile éponyme. Issu d’une fusion d’environ 1000 petites dents, il se renouvelle sans cesse car sa dentition pousse sans arrêt. Composé de fluorapatite, un des bio-minéraux les plus durs qui existent, leur bec est plus résistant que certain métaux, comme l’or ou l’argent.

Sa parure change de couleur en fonction de leur âge, de leur sexe et même de leur rang social ! Les plus beaux sont généralement des mâles adultes dominants, dont la livrée rayonne de couleurs vives. Habituellement dans les tons verts et bleus, ils sont parfois égayés d’un peu de rouge. Vivant essentiellement le jour et dans des profondeurs de 0 à 10 mètres, les plongeurs en observent plusieurs spécimens à chaque plongée sur nos récifs coralliens, y compris en baptême de plongée.

Il existe une centaine d’espèces de poissons perroquets dans le monde, réparties en dix genres, comme par exemple le poisson perroquet à bosse (bolbometopon muricatum), endémique de la Mer Rouge, de l’Océan Indien et du Pacifique tropical Ouest.

Son cocon de mucus lui offre un sommeil réparateur

La nuit, il s’entoure dans une bulle de son propre mucus afin de se protéger des prédateurs, une mixture qu’il prépare en une trentaine de minutes. Ce “bouclier magique” empêche ses ennemis de le sentir et lui sert d’alerte si certains s’approchaient trop près, comme la murène. Riche en antioxydants, leur mucus leur permet également de réparer leurs blessures et infections. En plongée de nuit, quel bonheur que d’admirer ce poisson dans sa bulle !

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Un parcours de vie mouvementé en abandonnant sa féminité pour parfois devenir mâle !

Ce poisson est hermaphrodite protogyne, tout comme les mérous et les labres : certaines femelles changent de sexe et deviennent mâles après quelques années ! Les mâles sont beaucoup plus colorés que les femelles. Lorsque le mâle dominant meurt, c’est souvent la femelle la plus grande qui change de sexe pour prendre le relais et protéger leur territoire.

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Le poisson perroquet , le jardinier infatigable de nos récifs coralliens

Se nourrissant en raclant les roches, en ingérant des algues et en cassant les vieux morceaux de corail dur, c’est un nettoyeur hors pair qui permet de garder la zone saine et bien vivante. Cela redonne de l’éclat au récif corallien et ravive ses couleurs. Tel des jardiniers méticuleux prenant soin de son jardin et enlevant les mauvaises herbes, les poissons-perroquets (Scaridae) permettent de conserver en bon état ces zones qui figurent parmi les écosystèmes les plus riches et les plus menacés de notre planète.

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Une puissante machine à produire du sable

Mais là n’est pas sa seule utilité, loin de là ! Après avoir gratté le film algal superficiel, sur la roche ou le corail mort, il rejette… du sable corallien ! Lorsque cet herbivore se nourrit, il absorbe à la fois des algues et des petits morceaux de corail. Ces derniers sont broyés lors du passage dans une sorte de poche semblable à un gésier située dans le système digestif de l’animal, ce qui les transforme en fins grains de sable blanc.  70% du sable des Antilles pourrait ainsi avoir été excrété par des poissons perroquets. Un seul individu génère approximativement une centaine de kilos de sable par an, soit 2 tonnes par animal si l’on prend en compte une durée de vie moyenne de 20 ans : une étonnante performance pour un poisson dont la taille moyenne ne dépasse pas les 30 centimètres en Martinique !

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Une espèce à protéger et préserver

Malheureusement, on trouve encore facilement du poisson perroquet sur l’étal des poissonniers ou dans les rayons surgelés des grandes surfaces de Martinique et de Guadeloupe. J’espère que les pouvoirs publics français réglementeront le sujet afin de mettre un terme à ces pratiques alimentaires nocives, au même titre que personne ne mange plus de soupe à la tortue en Martinique. Suivant la dynamique initiée par le Mexique, Bonaire, Maldive et les Bermudes, la pêche du poisson perroquet est ainsi interdite à Saint Vincent depuis le 1er décembre 2019. Je ne peux que vous recommander de privilégier d’autres poissons pour vos assiettes, vous contribuerez ainsi à la protection de nos récifs coralliens si hauts en couleurs et à la préservation durable de nos belles plages !

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